Coopératives à partenaires multiples : pour une gouvernance solidaire

Coopératives à partenaires multiples : pour une gouvernance solidaire

05.03.2020

Les Scic sont par essence des organisations sociales complexes, leur réussite dépend de leur capacité à faire converger les visions divergentes de leurs parties prenantes. Or comme toute organisation sociale, les conflits sont inhérents à l’action collective et s’expriment par des rapports de domination : entre les classes sociales, entre les capitalistes et les travailleurs, entre les managers et leur subordonnés. Face à ces formes de dominations, la coopérative est un ensemble de principes, de règles formelles et informelles qui a pour but de résorber les formes de domination du système économique capitaliste, tout en utilisant certaines de ces caractéristiques (monnaie, salariat, concurrence).

La Scic incarne la recherche d’un équilibre entre ces tensions autour d’un intérêt collectif orchestré par la coopération. Cependant, la coopération ne va pas de soi : elle n’est ni spontanée ni nature. C’est le point de départ de la sociologie des organisations et en particulier de l'analyse stratégique au sens de Crozier et Friedberg (1981).

Les auteurs qui ont travaillé sur la coopération et sur le mouvement coopératif ont mis en lumière ces conditions. Elles sont aujourd’hui abordées sous la question de la gouvernance des coopératives à partenaires multiples. Comme nous le suggère Henri Desroche. En économie, la coopération entre les entreprises ou à l'intérieur des entreprises existe parfois, mais les agents économiques peuvent préférer des relations d’autorité (par exemple le salariat) ou de concurrence (par exemple l’échange sur le marché). Dès lors, la coopération est un mode de coordination des agents économiques qui nécessite, comme les autres modes de coordination, de s'interroger sur les conditions d'existence et de faisabilité.

Jean-Pierre Girard s’inscrit dans ce questionnement et il nous propose une typologie des partenaires, des tensions, mais surtout des recommandations pour les dépasser dans le cas des coopératives à partenaires multiples.
Cette compréhension de la gouvernance solidaire, comme la nomme Jean-Pierre Girard mérite toute notre attention, du fait de la croissance des Scic et de leur mobilisation dans des projets territoriaux de coopération.

Voir le document